Maurice AUBERT

(1921-2012)

Né au bord de la Méditerranée, Maurice Aubert, a consacré sa vie à la connaissance intime du milieu marin. Il a cherché à mettre la mer au service de l’homme, et réciproquement l’homme au service de la mer, source de vie.


Il passe son enfance à Sainte Maxime, puis son adolescence à Nice, avant de terminer ses études secondaires à Lyon, où son père était associé d’agent de change et où sa famille s’était repliée, voyant venir la guerre. Il entreprend des études de médecine, porté par le souci de l’Autre. Il s’engage en parallèle dans la résistance, et apprend aussi le dessin et la peinture auprès de maîtres lyonnais, et exposant dans des salons.


Il se spécialise dans la médecine et la chirurgie de la tête et du cou – sa thèse portant sur une opération qu’il avait inventée pour supprimer de très douloureuses névralgies faciales. En 1950, il ouvre un cabinet médical à Nice avec son épouse Jacqueline, et installe aussi une antenne sur le port du Cros, où il a élu domicile. Pour maintenir ouvert le port, menacé de devenir un parking, il anime la station de sauvetage en mer, crée une société nautique, et même, un jour, bloque la route du bord de mer avec les pêcheurs.


Vers l’âge de quarante ans, en 1960, il décide de réunir sa passion – la mer, et sa compétence – la médecine, et développe une discipline nouvelle : l’Océanographie médicale. A cette fin, toujours avec son épouse, il crée à Nice le Centre d’Etudes et de Recherches de Biologie Marine et d’Océanographie Médicale – le CERBOM, et devient Directeur de recherche à l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM). Il dirige son centre pendant une trentaine d’années conduisant de nombreuses campagnes en Méditerranée, ainsi que sur les côtes atlantiques, produisant une œuvre scientifique de pointe, récompensée par des distinctions nationales et internationales, et s’engageant aussi dans de nombreuses activités opérationnelles pour l’aménagement des rivages et la lutte contre la pollution.


Il enseigne, comme professeur à l’Université de Nice, la géographie marine, et il crée en 1996 l’Université internationale de la mer, toute proche de sa maison, avec l’aide de la municipalité de Cagnes, établissement où l’on enseigne des disciplines diverses : conduite de navires, aquaculture, biologie marine, etc.


Sur la fin de sa vie, à 86 ans, ayant vendu son dernier bateau – le dixième –, il se lance dans des conférences radiophoniques où il projette en pleine lumière sa foi chrétienne, dans laquelle il avait été élevé et qu’il avait cultivée. Il explore les relations entre science et foi, abordant les problèmes du monde sous l’angle métaphysique et éthique, au fil de plus de quatre vingt entretiens bimensuels. Il investit aussi, par l’intermédiaire de sa fille et de son gendre, dans des œuvres missionnaires en Afrique, au plus profond du Burkina Faso.


Il avait coutume de se définir comme « un vieux phoque », vivant à la limite de la terre et de la mer, et retournant à celle-ci quand son instinct l’ y portait. Il y est retourné une dernière fois, retrouvant les sources de la Création.

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