1942-43, OCCUPATION ITALIENNE DU SUD-EST DE LA FRANCE

10 mois de protection des étrangers juifs

 

« Chère Danielle. Vous savez très certainement que Napoléon, à 27 ans, est devenu général après avoir viré les Anglais de Toulon. À partir de ce moment, il n’y eut plus moyen de l’arrêter. En 1797, il fit son entrée à Padoue. Quand il  vit les grilles à l’entrée du ghetto, il les fit sauter. Lorsqu'il remarqua que certains Padouans portaient une rouelle et apprenant que c’était pour reconnaître les Juifs, il interdit le port de la rouelle. En somme, il a ordonné la libération des Juifs italiens. À ma connaissance, les Juifs italiens sont les seuls à donner le prénom « Napoleone » à des nouveaux-nés, en reconnaissance à l’empereur. » Jacques Blum, ancien réfugié de Saint-Martin-Vésubie - sauvé à Rome

Je l'ignorais, mais près de deux siècles et demi après l'action de Napoléon ce fut au tour d'Italiens, durant l’occupation par leur pays du sud-est de la France, de secourir des persécutés juifs condamnés par les Nazis et Vichy… tandis que chez eux étaient appliquées les lois anti-juives instituées en 1938.

Attitude de Mussolini :

En 1920 Benito Mussolini, après s’être posé la question: “le Bolchevisme est-il à tendance juive ?” acquit la certitude que non. Bien au contraire, voyons, puisque c’est justement le Bolchevisme qui conduisit à la destruction des Juifs en Europe de l’Est ! Lorsqu’il prit le pouvoir en 1922, il ne se laissa donc pas influencer par les théories des nazis. La preuve ? Dès 1923 il déclara qu’il n’y avait pas de problème juif en Italie et affirma : “Les bouffons nazis me dégoûtent.” C’est pourquoi comme le Vatican, et comme Margherita Sarfati, brillantissime égérie juive* qui rendit ce “brut de décoffrage” fréquentable pour la haute société sur laquelle elle régnait, il s’opposa au Sionisme. Il considérait que les 47 500 Italiens de religion juive, appartenant à la plus ancienne communauté d’Europe, puisque antérieure à l’Empire romain, et enrichie au XVIe siècle par l’arrivée de Séfarades, étaient avant tout des citoyens italiens. Puis, au cours des années, il douta et se contredit, interdisant à sa fille d’épouser son amoureux juif pour s’élever ensuite contre toute mesure interdisant les mariages mixtes. Il observa que l’antisémitisme n’était pas une prise de position populaire puisqu’il valait à Hitler de nombreux ennemis mais en 1933 l’opposition des Italiens juifs à sa politique, par leur condamnation courageuse de la nomination d’Hitler au poste de chancelier, provoqua une détérioration de leur situation. Malgré la présence de nombreux Italiens juifs dans le parti fasciste une campagne contre eux fut mise en route, doublée de l’arrestation d’anti-fascistes accusés de collaborer à la révolution internationale des « destructeurs des valeurs de la Patrie et de la civilisation chrétienne. » 

En 1935, lors de l’attaque de l’Éthiopie, le roi et Mussolini reprochèrent à leurs concitoyens juifs leur hostilité à cette campagne, dont furent jugés responsables les journalistes juifs qui furent alors limogés. La guerre civile espagnole de 1936 marqua le début de la collaboration Germano-Italienne dans l’aide à Franco, mais un an plus tard Mussolini définit clairement sa position en déclarant au Chancelier autrichien Schuschnigg : « Il est clair qu’il y a une différence substantielle entre le Fascisme et le Nazisme. Nous sommes catholiques, fiers de notre religion et respectueux de ses enseignements. Nous n’acceptons pas les théories raciales des nazis et encore moins leurs conséquences juridiques... »

Magnifique et porteur d’espoir ! Mais le Duce n’en était pas à une virevolte près. Constatant que, contrairement à ce qu’il avait observé précédemment, l’antisémitisme doublé d’une bonne propagande valait maintenant à Hitler des triomphes diplomatiques, il lui emboîta le pas. Ses concitoyens juifs, en affichant leur solidarité avec leurs coreligionnaires allemands, ne se positionnaient-ils pas comme ennemis de sa politique ? Le temps était venu de juguler le danger “bolchevique” que représentaient les Juifs arrivés en Italie après 1919. Il ordonna leur expulsion, mesure qui conduisit un grand nombre d’entre eux à la clandestinité. Furent ensuite promulguées en 1938 des “lois raciales” excluant les Italiens juifs de l’Armée, des Universités, du Parti fasciste et des administrations. Les étudiants - un seul parent juif suffisait - se virent interdire les études supérieures. Les domestiques chrétiens durent quitter leurs employeurs et les mariages mixtes furent interdits, comme la possession d’une radio ou la liberté de se mêler à des “aryens” dans des lieux de vacances... (extrait de "Que sont mes amis devenus ?", "La Pierre des Juifs" tome 4 Éditions de Bergier)

Interprétations de l'attitude paradoxale des Italiens

En 1938 les "lois raciales" de l'Italie copiées, depuis la visite d'Hitler à Mussolini jusque-là hésitant, sur celles de l'Allemagne, provoqua la conversion ou la fuite d'un grand nombre d'Italiens, en particulier vers les Alpes-Maritimes pourtant refuge dès 1940 avec le règne du préfet Marcel Ribière, de tous les dangers. Des Italiens, révoltés par les mesures cruelles adoptées, allaient pourtant les aider. "Les" Italiens" ? Comme en tout peuple, les pires et les meilleurs cohabitaient. L'OVRA, Gestapo de Mussolini, arrêtait et torturait en Italie mais également à Nice depuis 1926 des dissidents italiens, et les sinistres "chemises noires" terrorisaient les citoyens non fascistes, tandis que des diplomates, civils et généraux de l'armée utilisaient leur pouvoir au sein du parti, auquel ils avaient été contraints d'adhérer, pour protéger efficacement, d'octobre 1942 à septembre 1943, tous les juifs réfugiés dans le sud-est de la France.

La protection des Juifs ? En 2007, l'historien Davide Rodogno, dans un article : « La politique des occupants italiens à l'égard des Juifs en France métropolitaine - Humanisme ou pragmatisme ? » prône la thèse selon laquelle ce seraient essentiellement des raisons stratégiques et des contraintes locales qui auraient poussé les autorités fascistes à suivre cette politique. Puis en 2013 on pouvait lire, sur les panneaux d'une exposition sur la guerre 39-45 : Profitant de la présence italienne qui leur garantit une certaine "protection" face aux lois raciales du régime de Vichy, des milliers de réfugiés juifs, fuyant la furie nazie à travers l'Europe, trouvent refuge dans les Alpes-Maritimes. Les autorités civiles françaises, cherchant à interpeller ces ressortissants étrangers, pour le plus souvent les livrer aux Allemands, s'opposent à l'armée italienne. Répondant à des préoccupations de politique intérieure transalpine, celle-ci non seulement refuse de livrer les fugitifs, mais leur accorde sa protection… etc  (texte non signé)

Une "certaine protection" ? "Répondant à des préoccupations de politique intérieure transalpine" ?

Comme il est facile de jeter la pierre puis de cacher le bras ! Ces phrases, anonymes, inspirées par les précédentes, me semblent malveillantes, ingrates et non fondées. Comment ! Moi, diplômée des Beaux-Arts, et non d'histoire, ai le culot de m'opposer à ces affirmations d'universitaires ! Eh bien oui. Car si mon père, (de famille Khazar venue du Caucase en France en 1899) exerçant l'art dentaire à Cannes, interdit de travail en 1941 et déchu en février 1943 de la nationalité française acquise en 1927 vécut en sécurité, dans le Var, durant 9 mois, il savait le devoir à l'occupation italienne. Si bien qu’avant de partir se cacher, son premier geste de reconnaissance, dès l'invasion allemande, fut de mettre des familles italiennes à l'abri dans l'une de ses propriétés bien isolée dans les collines et de fournir en vêtements civils des soldats italiens. Alors, à mon tour de prendre le relais et de rendre le pain à ceux qui me permirent d'avoir un papa. Donc, oui je fais confiance à l'opinion de ceux qui subirent les persécutions, agirent, résistèrent, organisèrent les sauvetages. À Léon Poliakov qui, acteur des évènements et après de minutieuses recherches et collecte de documents, écrivit en 1946 : «Nous ne saurions d’ailleurs passer sous silence les noms des principaux artisans de l’œuvre du Ministère italien des Affaires Étrangères. Cette œuvre fut entreprise par M. Vitetti, Directeur Général du Ministère et continuée après son départ par M. Vidau, Sous-Directeur Général, qui prit, en 1941, la place de M. Vitetti. M. Vidau, en particulier, a lutté sans désemparer contre la machine politique et administrative qui voulait broyer jusqu’au dernier homme les populations juives de l’Europe occupée et a mis dans cette lutte toute son énergie, sans hésiter à risquer, en certaines circonstances, son autorité et sa situation personnelle. L. Poliakov. Publié en 1946 par le CDJC :  « La condition des Juifs en France sous l’occupation italienne » (p 19) En 1940-41, qui pouvait imaginer une future victoire des Alliés ? Je fais confiance à Angelo Donati : “L’action en faveur des Juifs dans la zone d’occupation italienne a pu être entreprise grâce à ce qu’un peu partout la hiérarchie des administrations italiennes, civiles et militaires, la grande majorité des fonctionnaires et des officiers étaient des hommes qui n’avaient pas de sentiments antisémites et qui étaient accessibles aux sentiments humains…” Des humains normaux. Mes études de cette histoire ? C'est "sur le terrain", et avec passion, que je les ai faites, d'abord en écoutant dès 1966 bergers et paysans vésubiens puis en recherchant dès 1995 et retrouvant de par le monde, afin de les questionner, écouter, filmer et recueillir leurs archives, plus de 70 anciens réfugiés de Saint-Martin-Vésubie aux témoignages jusque là méprisés "…nous aurions voulu raconter, témoigner, mais personne ne voulait nous écouter." Helena Roth, Ruth Gottleib, Sidoni Templer, Jacques Blum etc… Tous se confièrent et m'exprimèrent, comme mon père, leur reconnaissance envers les Italiens. "Je tiens à répéter ici mon immense gratitude à l'armée italienne qui n'avait pas suivi les ordres venus de Rome et protégé les réfugiés juifs contre l'armée allemande…" Moïse Konstadt "Les Italiens ne comprenaient pas pourquoi ils étaient en guerre contre la France. L’ennemi, pour eux, c'était les Allemands. À part les fascistes, ils ne savaient pas ce qu’est le racisme. Juif n’existe pas mais Italien de religion hébraïque." Jacques fils d'Avraham Paperman, responsable de la communauté juive de St Martin-Vésubie.

J'eus la chance de retrouvrer A. Rosato, anti-fasciste convaincu en charge, en 1942-43, de la caserne du col de Cerise, de me voir confier les mémoires et archives de F. Strobino puis de filmer, en 2007, le Professeur R. Luraghi, qui fut le commandant italien du poste avancé de la Madone de Fenestre, en charge de St Martin-Vésubie : Le Général Trabucchi, Chef d'État Major de la IVe Armée italienne, avait envoyé à tous les officiers une note secrète leur disant d'empêcher toute intrusion des Allemands et action des miliciens de Vichy dans la zone italienne, et surtout d'empêcher une quelconque violence envers les juifs… Je ne pensais pas avoir l'occasion d'appliquer cette circulaire… Mais un jour du printemps 1943, j'étais en patrouille sur la frontière italo-française, Route de la Madone, quand un jeune homme est arrivé… « Venez, venez s'il vous plaît, des Miliciens vont déporter des Juifs ! » J'avais 5 soldats, j'ai pris la route tout de suite et je suis arrivé à Saint-Martin, Place de la Mairie. Un groupe de Miliciens, le béret noir sur la tête, avait arrêté des Juifs, 12 ou 15… « Qu'est-ce que vous faites ici ? » ai-je dit à leur chef… « Je suis venu arrêter des Juifs. » « Ici, c'est zone italienne, vous n'avez ni le droit ni la possibilité de faire quoi que ce soit. Je vous donne 5 minutes pour partir, et puis j'userai la force… »

Alors, j'ai vu mes soldats mettre la cartouche. L'homme m'a jeté un regard que je n'ai pas oublié, mais ils sont partis… Les villageois assemblés autour de nous nous ont applaudis !

Ce qui confirmait le témoignage filmé en 2004, à Los Angeles, de Sigi Hart : « Il y avait la Police, à Saint-Martin, la Gendarmerie, et ils avaient l’étui à revolver, mais il y avait que des mégots dedans parce que les Italiens leur avaient enlevé les armes... Tu toucheras pas à un seul de mes Juifs, ici ! » Comment, après avoir tant écouté anciens réfugiés, soldats, témoins villageois, bergers, paysans et étudié leurs archives privées, accepter l'opinion de professionnels de l'histoire qui 60, 70 ans après les faits, imposent leurs intimes convictions s'opposant aux témoignages, qu'ils ont ignorés, de ceux qui ne sont plus là pour les contredire. Sur wikipédia, on peut lire : Dans leur zone d’occupation, les autorités italiennes — grâce à l’action du banquier juif italien Angelo Donati, du capucin Père Marie-Benoît et du comité Dubouchage —, protégèrent les Juifs de la persécution des Allemands et des autorités de Vichy… etc.

Mais pas un mot sur le consul Général d’Italie Alberto Calisse. Oublié. Rayé de l'histoire. Et pourtant !

Susanna Calisse, voulant s’informer sur son oncle, rendit visite à Nice, en 2010, à M. Musella, Président de « Comites », (Comité Italo-Français pour la promotion culturelle, scientifique, artistique des Italiens à l'étranger), qui lui donna mes coordonnées. J'expliquai à Suzanna que d'après la lecture des lettres de la Gestapo et de Ribière et des témoignages recueillis, je jugeais l'action d'Alberto Calisse bien plus importante que ce qu'en retenait l'histoire. Il me semblait évident que rien n'aurait pu s'accomplir sans le pouvoir et l'autorité du Consul Général. Je demandai à Susanna de m'aider en recherchant, dans les archives familiales, des documents appuyant ma thèse. À Pâques 2011, Susanna me donna rendez-vous à Nice et me confia, de la part de sa tante Carla Calisse, belle-sœur d'Alberto, des documents extraordinaires : un télégramme du comte Ciano et des échanges 1942-43 entre Alberto Calisse et son ministère. Puis, Carla ayant hélas disparu, sa fille Gioia prit le relais des recherches et me mit en contact avec son oncle Fabrizio Calisse. J'étais sûre que Donati et Calisse se connaissaient bien avant de se retrouver à Nice en octobre 1942. Fabrizio confirma : « Cara Danielle, ho trovato un vecchio passaporto del Ministero Affari Esteri, firmato dal Ministro in data 1920 e con visa del prefetto di Parigi, che nomina l’avvocato Alberto Calisse di “missione all’estero”. Ho trovato inoltre fotografie di mio padre a Parigi con data 1920, 1921, 1922, 1923. Mio padre conosceva Angelo Donati fin dai tempi della sua prima nomina a Parigi come “incaricato d’affari”, posizione che gli diede modo di conoscere vari esponenti della comunita’ italiana. » Merveilleux ! Chaque réponse de Fabrizio à mes questions me permettait de reconstituer la chronologie des événements, de les intégrer à temps dans mon dernier ouvrage, puis de promettre à M. Musella un dossier afin que soit honoré, enfin ! Alberto Calisse…


Alberto Calisse : L'année 1938 avait marqué l’exclusion des juifs du parti fasciste, dont des dignitaires, sauf Donati dont Roethke, Commandant de la Police allemande de Sûreté et du SD, nous révèle : Ses titres : il est commandeur de la Légion d’Honneur, Grand-Officier de la Couronne d’Italie, ancien officier de liaison de l’armée italienne en France pendant la guerre 1914-1918, capitaine d’aviation etc... Après la guerre, il fut administrateur de nombreuses sociétés en France dont un grand nombre représentaient des intérêts italiens etc..., lui ont valu d’être exempté des mesures anti-juives. Dès l'arrivée des Allemands à Paris, Donati s'installa à Nice et s'occupa du sort de ses coreligionnaires allemands et autrichiens, Calisse lui fournissant des visas pour ses protégés. « Les Autrichiens et les Allemands réfugiés en France pour fuir les persécutions nazie étaient arrêtés et internés dans des camps de concentration français. » Ruth Gottlieb, Nice, video DBL 2004

Suite à la découverte en septembre 1941, à Auschwitz, de l’efficacité du Zyklon B dans l’assassinat de masse, l’exécution du projet d’Hitler d’annihilation totale des Juifs d’Europe fut programmée et mise en route pays par pays. L’été 1942 vient le tour de la France. Les grandes rafles ordonnées par les nazis sont exécutées par la police aux ordres de Bousquet en Juillet à Paris et en zone occupée. Dans la zone dite libre, suite à un marchandage avec Hitler, Pétain et Laval offrent de livrer 50 000 étrangers juifs contre la promesse que les Français israëlites seraient épargnés. Une première livraison de 10 000 est organisée. Vichy livre les prisonniers de ses camps de concentration et programme secrètement des rafles massives pour la nuit du 25 au 26 août. Dans les Alpes-Maritimes, le préfet Ribière promet 2 000 personnes, mais les trois quarts d'entre elles sont alertées à temps et se cachent, grâce à des fuites d’informations organisées par Hector Cendo, Chef de Cabinet du préfet, secrètement résistant sous le pseudonyme de “Miami” et appuyé par son groupe, dont des membres de la police française. Le 31 août, 560 juifs étrangers sont déportés à Drancy. Un échec. Ribière va se rattraper… Mais les arrestations et déportations à venir, programmées par le zélé préfet humilié, sont stoppées net, et durant 9 mois, par un événement :

L'occupation italienne

Le 8 novembre, les Alliés débarquent en Afrique du Nord. Le 11 a lieu l’occupation par les troupes de l'Axe - à l’ouest du Rhône par les Allemands et à l’est par les Italiens - de la “Zone Libre” qui devient “Zone Sud”. Comme en témoigne Fabrizio Calisse, le Ministre des Affaires Étrangères, le comte Galeazzo Ciano nomme alors son père au poste de Consul Général d’Italie à Nice. "Galeazzo Ciano connaissait  mon père par des amis communs, et le nomma à Nice en octobre 1942, après la première rafle des ebrei." Susanna m'écrivit : Chère Danielle, grazie dei messaggi. L’épouse d’Alberto Calisse s’appelait Anna  Maria Arbib ed era nata a Roma… Arbib ! Jean Carasso, aussitôt contacté, me confirma. "Arbib est bien un nom juif, fréquemment porté par des Séfarades." Calisse fut donc envoyé à Nice pour ses qualités de diplomate, mais également afin d'y mettre à l'abri son épouse et ses enfants, concernés par les lois raciales de 1938. « Ecco quanto ho potuto trovare nei documenti di casa sulla nostra vicenda : Alberto Calisse, nato a PISA (Italia) nel 1896. Religione cattolica, non praticante. Beatrice Pascucci rimase cattolica, come anche mia madre." Fabrizio Calisse à DBL

Aussitôt arrivé en compagnie d'Anna Maria, Marta, Gabriella, Adriana et Fabrizio, Calisse nomme son ami Donati son "porte parole des milieux juifs". Il prépare avec lui un plan de protection des juifs contre Vichy, les nazis… et Mussolini. Le 11 décembre, informé par l'ambassade italienne de Paris du refus des Allemands de respecter des accords signés le 10 octobre conférant l'immunité aux Italiens juifs, Ciano envoie de Rome un télégramme de protestation (n. 42843 P.R.) aux ambassades d'Italie à Berlin et Paris. Le 15 décembre, Calisse écrit au Ministère des Affaires Étrangères, à l'ambassade d'Italie à Paris et au Bureau, à Vichy, du commandant de la IVe Armata.

COMMISSION ITALIENNE D’ARMISTICE AVEC LA FRANCE -

Délégation pour le rapatriement et l’assistance NIZZA 15 décembre 1942

Objet : Les Juifs et l’occupation militaire italienne — Je vous transmets, pour information, un bref résumé rédigé d’après une personne bien informée sur la situation actuelle du milieu juif à Nice, spécialement en relation avec l’occupation militaire italienne. (Calisse)

Il semble utile de signaler la réaction du milieu juif à l’occupation italienne dans les Alpes Maritimes. La population juive se divise en trois catégories qui sont celle qui résidait ici, celle qui s’y est réfugiée après la défaite française, provenant de la France occupée et de tous les pays d’Europe, et enfin celle qui depuis le 11 novembre, jour de l’entrée des Italiens en France, s’est enfuie de Marseille et des provinces occupées militairement par l’armée allemande. Cette dernière se compose d’une importante minorité d’intellectuels et de nantis et d’une majorité de personnes qui ont perdu, conséquence de la fuite et des expropriations, pratiquement tous leurs biens et qui vivent misérablement. Il est difficile d’en préciser le nombre parce que la plupart vivent cachés, surtout depuis les déportations de la fin du mois d’août, mais ils sont certainement des dizaines de milliers. D’après une enquête menée ces jours-ci, il s’avère que tous, étant dans la crainte que les autorités allemandes puissent procéder à des arrestations et des déportations comme en zone occupée, mesures déjà précédemment appliquées dans cette zone (rafles du 26 août 1942) sur ordre des autorités d’occupation, ont accueilli l’occupation italienne avec un sentiment de soulagement... etc… archives Carla Calisse - traduction Marie Eve Gardère, Présidente LICRA Italie

Calisse obtient du ministre Bonarelli et de d'Ajeta, chef de cabinet de Ciano, les réponses désirées (dépêche n° 34/R 12825). Avec le soutien actif de son ministère, du commandement de la IVe Armée et de la police italienne, il tient tête au préfet Ribière qui, obéissant à Vichy, aux Allemands et à ses propres sentiments, promulgue loi après loi anti-juive, rageant de son impuissance, face à la détermination du consul, à les faire appliquer. Calisse donne mission au Centre d'Accueil Dubouchage d'établir pour les réfugiés des documents les plaçant sous la protection de la gendarmerie italienne. Des carabiniers sont postés devant la synagogue afin d'y empêcher des arrestations par des miliciens.

Alberto Calisse met en échec les 3 mesures phares prises par le préfet Ribière :

1 - Transfert des Juifs étrangers dans l’Ardèche et la Drôme, départements contrôlés par les Allemands. 2 - Incorporation des Juifs et ressortissants de pays ennemis de l’Axe dans des compagnies de travailleurs étrangers. 3 - Loi du 11 décembre : apposer la mention “Juif” sur les cartes d’identité et titres de séjour.

Où lire un plus sincère hommage au consul Général d'Italie et à ses complices d'humanité et de justice que dans les 3 pages de la lettre accusatrice envoyée par Ribière le 14 janvier 1943 à Monsieur le Chef du Gouvernement : extrait «J’ai l’honneur de vous rendre compte ci-dessus des conditions dans lesquelles les autorités militaires et civiles italiennes ont fait oppositions à l’application dans le département des Alpes-Maritimes des différentes mesures relatives aux Juifs étrangers, que le gouvernement français avait prescrites. etc - C’est dans la lettre de M. Calisse, dont je vous ai cité plus haut le passage essentiel, qu’il faut rechercher la position de principe du gouvernement italien à l’égard du problème juif… etc… »

Car l'ordre de "non-application" (je répète NON) des mesures anti-juives, arrestations et déportations, avait été envoyé par le Ministère des Affaires Étrangères italien à ses représentants en France puis transmis à toutes les Préfectures et Autorités locales françaises des départements sous occupation italienne. Les Allemands fulminent, accusent les juifs de contaminer les Italiens et de créer chez eux une tendance pro-alliés… Le consul d'Italie refuse de livrer les étrangers juifs ? Eh bien soit mais alors, qu'il les fasse enfermer. Calisse doit gagner du temps en calmant Allemands et préfets. Le 16 décembre 1942 le Commandement Suprême italien informe le Commandement Suprême de la Wehrmacht : …dans la zone française occupée par les Italiens, ces derniers vont interner tous les Juifs et leurs familles. (Poliakof. p.52 note confidentielle signée Krafft) Fin décembre 1942 s'organise l'installation de réfugiés dans des « camps d’assignation à résidence forcée ». Des membres du Comité juif Dubouchage se rendent à Saint-Martin-Vésubie, Saint Gervais, Vence, Barcelonnette etc… afin d'y louer des logements pour 3 000 personnes. Alexandre Berlant s'installe à Saint-Martin-Vésubie, hôtel Stéfany, et charge le banquier agent immobilier Gasiglia de trouver des logements pour 1 200 personnes. (J. Boin, R. Gasiglia, lettres A. Berlant)

L’exemple de Saint-Martin-Vésubie

Une pause de paix sous protection italienne… le temps d'un été :

Dès mars 1943 des centaines de réfugiés, pour la plupart totalement démunis et déjà amputés d'une partie de leur famille, font la queue à la gare des autobus. Il faut patienter pour obtenir une place dans le car qui conduit, à 60 km de Nice, à Saint-Martin-Vésubie. Fréquenté jusqu'en 1940 par de riches estivants étrangers, ce village montagnard de 1500 habitants possède neuf hôtels élégants et des villas chics. Tout a été loué par A. Berlant, jusqu'aux modestes chambres chez l'habitant. Les loyers sont payés avec des fonds américains du « Joint » obtenus par Angelo Donati. Commence alors pour environ 800 « assignés à résidence forcée », et plus de 400 clandestins, une pause de paix au sein d'une population amicale. Après les rafles du 26 août 1942, Ribière avait fait réaliser des rapports concernant l’état d’esprit des populations du département. n° 3951 Le 12.9.1942 - Note de renseignement relative à la Commune de St. Martin Vésubie - extrait : Les mesures prises à l’encontre des Juifs, là comme ailleurs, soulèvent un profond sentiment de réprobation dans les milieux ST MARTINOIS, qui, ouvertement, déclarent indignes de notre pays les procédés employés, notamment le retrait des enfants à leurs mères. Les Vésubiens, eux, vont se montrer humains : "Mes parents ont toujours été émerveillés par la façon dont les villageois nous ont accueillis car enfin, c'était une invasion pour eux…" Myriam Butler, vidéo DBL 2003

Les réfugiés, en majorité ashkénazes, ont été sélectionnés parmi les plus démunis, mais qui sont les clandestins ? Nombre d'entre eux, appartenant à des mouvements de résistance, doivent demeurer dans la clandestinité et des Français, encore épargnés mais méfiants, se logent par leurs propres moyens. "Y avait-il aussi des Séfarades ?", m'avait demandé Moïse Rahmani, fondateur de "Los Muestros". J'ai relevé des noms : Ovadia, Errante, Mendel, Galante, Handel, Libbra, Libra, Montel, Landau, More, Saltiel, Salem, Baran, Birman, Pinhas, et suivi tout spécialement les itinéraires de Marseillais originaires de Salonique : Edmond Nadjari, (Jérusalem video DBL 20O7), son cousin Maurice Benveniste, et les Asséo.

Le Délégué Spécial à la Mairie procure le chalet "Les Pervenches" pour y installer une synagogue où le rabbin Templer marie sa fille Sidonie lors d'une joyeuse cérémonie réunissant réfugiés, villageois et Italiens, dont le commandant. Une école Talmud Torah y reçoit des enfants. Dans des ateliers de l'ORT on enseigne artisanat et agriculture. Joseph Glaichenhaus, médecin communal de Saint-Martin, de famille russe juive apatride, place pour l’OSE depuis 1942 des orphelins chez villageois et paysans. La bonne entente règne car les Vésubiens, qui ignorent ce que signifie le mot juif « Joseph Glaichenhaus ? Il est pas juif, il est médecin ! » ne voient en eux que des frères humains en détresse : « Nous, on était pauvres mais eux, encore plus pauvres que nous ! » Margot Raibaut Franco, Juste devant les Nations 2005

Villageoises et réfugiées lavent ensemble au lavoir, promènent leurs enfants sur les allées, échangent des recettes… « Dans cet enfer que nous avons vécu, Saint-Martin était une oasis, nous faisait penser à un petit shtetl de Pologne, de Tchécoslovaquie. Nous vivions le moment présent. Nous ne nous connaissions pas avant mais un destin nous liait, il y avait une fraternité et cette sérénité nous a donné la force d'aller en avant… » Lea Reuveni, Haïfa video DBL 2007. Dans les rues et places de ce « shtetl » vésubien résonnent le Polonais, l'Allemand mais surtout le yiddish, langues chuchotées depuis des années car si dangereuses. Chacun savoure chaque minute de ce droit de vivre retrouvé… « Saint-Martin-Vésubie ? Oh God ! Mais j’ai laissé mon coeur, j’ai laissé mon âme à Saint-Martin-Vésubie... On avait l’espoir dans notre coeur. C’est pourquoi j’ai été heureuse ici, en liberté. Il y avait des gens qui nous aimaient. Je couchais dans un lit. J’avais de l’eau pour me laver... Je suis venu du camp de Gurs ici. Rivesaltes, Vernet, Agde, St Pons et Gurs, 5 camps où nous étions et quand nous sommes arrivés ici... C’était le paradis ! Nous sommes devenus quelqu’un qui pouvait marcher dans la rue, qui pouvait donner de l’amour et pas recevoir de la haine ! Comment dire tout ça avec des mots ? » Manya Hartmayer Breuer video DBL Los Angeles 2004

Jeunes réfugiés, Niçois et Vésubiens, été 43

 


« Le commandant italien venait jouer aux cartes chez mes parents… » Léopold Neumann videoDBL Antibes 2004. Personne ne se cache plus, personne n'a plus peur et tous espèrent voir ici, dans ces montagnes, se taire enfin la guerre. Les jeunes, étrangers, Niçois et Vésubiens, marchent ensemble en montagne, se baignent dans les torrents et dansent…  « Les Juifs ? C'était merveilleux ! Avant on s'ennuyait un peu, à Saint-Martin mais là c'était une population différente, qui nous apportait des idées nouvelles… On dansait dans les granges, on dansait de partout… » Éliane Ingigliardi, Juste oubliée. Les adultes discutent interminablement sur la place, écoutent radio-Londres chez Nini Ciais la lingère. « Saint-Martin-Vésubie fut une éclaircie dans ma vie. Aux Saint-Martinois, je veux dire merci. Ce passage chez eux, quel bon souvenir ! J’avais l’impression d’être enfin libre. C'était triste, c'était gai… Nous avions de l’espoir, nous vivions dans l’espoir ! » Jacques Paperman, Nathania 2007. Dans des remises, des réfugiés fabriquent et vendent chaussures, vêtements et bijoux de pacotille. Dans les champs, des jeunes labourent et piochent pour des paysans… « Pour nous, cette période a été le bonheur de toute cette guerre. Enfin nous vivions libres, les Italiens étaient très gentils. C'était un miracle de ne plus avoir peur. » Jenny Stopek video DBL 2013  « Les paysans nous permettaient de travailler avec eux et nous donnaient du manger ! On avait du lait, on le mettait dans des bouteilles et on secouait jusqu’à ce que ça fasse du beurre qu’on vendait. Du fromage on a fait ! » Sigi Hart video DBL Los Angeles 2004. Mais tandis que les uns dansent : « Les bals étaient interdits mais on dansait clandestinement dans des granges… Entre nous, c'était une réelle amitié. » Carmen Giraudi video DBL 2005David Blum dirige Chalet St Anne un atelier de faussaires où se fabriquent des centaines de faux papiers. Méfiant, il envoie son frère Jacques et Ernest Happenzeller explorer les voies vers l'Italie…  « On ne sait pas ce que réserve l'avenir » Jacques Weintraub à David Blum.

Seule contrainte pour les réfugiés : pointer chaque jour au contrôle des soldats italiens. « Ils étaient si gentils ! C'était un plaisir de nous retrouver à bavarder, échanger… » Liesel Gorges vidéo DBL 2013.

Envoyer des « indésirables » en « camp de résidence forcée » fut donc la réponse humaine de diplomates, civils et militaires italiens aux pressions de Vichy et des Allemands qui exigeaient qu'ils soient livrés aux Nazis. Solution qui les met en rage. Fin mars Müller, chef de la Gestapo, est envoyé à Rome par Himmler se plaindre à Mussolini. Von Ribbentrop témoignera également, au procès de Nuremberg, de sa démarche. (Poliakov p. 31) Les Autorités d'occupation italiennes sont accusées d'être de connivence avec les juifs,  ces juifs qui font du sabotage et donnent des renseignements aux Anglais et Américains. Mussolini est prêt à céder mais Vidau veille. Les fonctionnaires du ministère des Affaires Étrangères se hâtent de réunir et de lui présenter toutes les preuves concernant les massacres commis par les SS en Pologne, avec une note affirmant qu'aucun pouvoir ne pouvait associer l'Italie à de tels crimes dont il lui faudrait un jour rendre compte. Mussolini cède. Les juifs ne sont pas livrés.

Après le décès brutal de Carla Calisse, sa fille Gioia, prit le relais… J’ai suivi de loin mais avec attention les étapes de découverte de Alberto Calisse, et il s’agit d’une histoire qu’il faut raconter et que j’aimerais pouvoir suivre de près avec Susanna, si possible. Puis me parvint un véritable trésor : "Cara zia e chère Danielle, je vous écris un peu rapidement pour vous envoyer le document enfin lisible que je viens de recevoir de Fabrizio Calisse, fils d'Alberto et Anna Maria." Comment décrire mon émotion. Cet « hommage à Alberto Calisse » du 10 mai 1943, était LA preuve absolue dont j'avais besoin.


« À Alberto Calisse, Consul Général d’Italie qui, appliquant les directives de son gouvernement aux Juifs résidant en zone d’occupation italienne en France, fit preuve de noblesse et de justice.

En reconnaissance éternelle. »

Mais, faute d'avoir cédé à leurs exigences, Rome tente d'apaiser les Allemands... « Ainsi que nous l’avons appris, le Ministère de l’Intérieur d’Italie a créé un Commissariat aux questions juives à Nice, Villa Surany, sous la direction de l’Italien Lo Spinoso, qui a le rang de Général. À son état-major immédiat appartiennent le lieutenant-colonel Bodo et le capitaine Salvi. Son collaborateur le plus important serait le demi-Juif Donati… » S.D de Marseille 26 mai 1943. Müller se réjouit : "La police italienne a envoyé l'inspecteur Général Lo Spinoso et son adjoint… pour y régler dans l'esprit allemand, en collaboration étroite…"etc (p. 33 Poliakov) « Lo Spinoso » ? Curieux ! Ce nom ressemble fort à celui du philosophe Spinosa, né de parents marranes chassés vers la Hollande par l'Inquisition… Jean Carasso, créateur de « La Lettre Sépharade », me le confirme : « Spinoso vient d'ESPINOZA ou SPINOZA, patronyme de juifs originaires d'Espinoza de los Monteros, ville espagnole de la province de Burgos. » À nouveau fut choisie la bonne personne. L'annonce de la nomination d'un Commissaire à la Question Juive fait régner l'angoisse chez les réfugiés, mais Guido Lo Spinoso rassure leurs responsables dès son arrivée : « Je crois que je suis envoyé ici du Ciel pour vous aider… Je suis un ancien des vôtres ! » (Témoignage d'Ignace Fink à Annie Latour), et se met aussitôt à collaborer avec Calisse, Donati, le Père Marie-Benoît, Paperman, Bodo et Salvi. Fort de son titre "poudre aux yeux" mais se faisant passer pour naïf, il manipule Bousquet et les Allemands, ment et joue avec eux au chat et à la souris avec un tel talent que les persécutés affluent de plus belle dans la « zone refuge ». L’ignoble préfet Ribière est enfin remplacé par le résistant Jean Chaigneau qui convoque aussitôt des responsables du Comité juif et déclare :

“Je n’admettrai désormais aucun acte arbitraire à l’égard des Juifs se trouvant même dans une situation irrégulière ou illégale. Je ne veux pas laisser aux Italiens le noble privilège d’être les seuls détenteurs de la tradition de tolérance et d’humanité qui est pourtant celle de la France.” L'Ergot 1946

Dès la destitution puis l’arrestation, en juillet 1943, de Mussolini, l’armistice entre Italiens et Alliés est envisagé. La réalité des camps ayant été révélée par deux déportés ayant réussi à s'évader d'Auschwitz et à revenir à Nice ("Que sont mes amis devenus" p. 71 : "La grave erreur de Fink et Topiol"), un plan d’évacuation de tous les réfugiés est projeté par Donati et ses complices : « À la fin août, écrivit Donati, une réunion interministérielle à laquelle était présent le ministre des Affaires Étrangères Guariglia, le Ministre de l'Intérieur, le directeur de la sûreté générale Senise et le maréchal Badoglio décida dans quelles localité les Juifs pourraient se rendre, et donna des assurances qu'il y avait la possibilité d'affecter l'opération puisqu'on était convaincu que plusieurs semaines s'écouleraient avant que l'armistice fut connu. Dans ces conditions, je commençais les négociations pour l'affrètement de quatre bateaux qui avaient ramené les Italiens d'Afrique Orientale en Italie, et qui pourraient maintenant conduire les Juifs d'Italie en Afrique du Nord. » (texte reproduit par L. Poliakof) L’armistice Italo-Alliés est signé secrètement le 3 septembre.

Il est convenu d’attendre 4 semaines avant de le révéler, afin de permettre à l’Armée italienne de se replier et protéger Rome, l'Italie du Nord, et aux condamnés juifs d’être mis à l’abri. Il allait être possible de sauver 25, 30, 45 000 personnes. Départ programmé pour le 9 septembre, mais le 8 : « …dans la matinée, Sir Osborne et M. Titman furent informés de mon entretien avec Bonini, et je repartis de Rome dans l'après-midi pour me rendre à Nice afin d'organiser le départ des Juifs vers l'Italie. Entre temps, les autorités italiennes, préoccupées de sauver des Juifs qui, du fait de la réduction de la ligne d'occupation italienne en France seraient tombés sous le contrôle allemand, avaient organisé le transfert dans le Comté de Nice… » Fait confirmé par un télégramme du Dr Knab au kommando de Lyon : CONFIDENTIEL. Objet : attitude amicale des troupes italiennes d'occupation à l'égard des Juifs. « …suivant un rapport très sûr, les autorités militaires italiennes en France ont reçu l'ordre, le 5 ou le 6 septembre 1943, d'établir à tous les Juifs domiciliés dans leur secteur un permis de circuler pour la zone italienne d'occupation en France. Ces permis étant valables jusqu'au 9 au soir… » (extrait Poliakof doc 14)

Donati, ayant réussi à obtenir toutes les autorisations, part de Rome pour Nice et se trouve à Milan quand… « le même 8 septembre, à la fin de l'après-midi, le G. Q. G. d'Eisenhower, sans en informer le gouvernement italien, publiait la nouvelle de l'armistice, faisant échec à tout le plan d'attaque des Allemands par les forces italiennes, en pleine voie de regroupement. Les Allemands prenaient immédiatement sous leur contrôle le trafic ferroviaire dans toute l'Italie et commençaient les rafles et les déportations de militaires, de civils et de Juifs. » « Mon père en voulut à Eisenhower jusqu’à sa mort » Marianne Spir Donati à DBL. Donati, dont la tête est alors aussitôt mise à prix, part se cacher en Toscane avant de se réfugier en Suisse où il va poursuivre son œuvre humanitaire. Mais à Nice, ce 9 septembre, Alberto, Anna Maria, Gabriella, Adriana, Marta et Fabrizio Calisse, dans une automobile roulant au pas dans la bousculade des voitures, camions, cyclistes, motocyclistes et piétons paniqués fuyant les Allemands, franchissent la frontière en grande anxiété. Si, comme Lo Spinoso, ils ont séjourné en sécurité dans la zone française occupée par leur armée, qu’allait-il advenir d’eux sur le sol de leur patrie ? Allaient-ils découvrir qu'elle était la fille de l’avocat romain Ernesto Arbib ?

À Saint-Martin-Vésubie : « Le soir du 8 septembre, le commandant italien est venu nous dire : fuyez, partez en Italie, je dirai à mes soldats de regarder de l'autre côté ! » Boris Camelli, ex Norbert Wolfinger. « Le commandant est venu nous dire de fuir… » Léopold Neuman, Lea Reuveni et bien d'autres…  « Après la nouvelle, nous étions tous réunis sur la place quand les Italiens sont venus nous rendre nos papiers » Liesel Gorges, video DBL 2013. La fuite est organisée par Avraham Paperman. Rendez-vous à 4 h. (témoignages Jacques Blum, Moïse Konstadt, Jacques et Henri Paperman). Le 9 septembre, c'est le départ vers l'Italie par le col de Fenestre, voie choisie par David Blum. Puis les retardataires suivent les soldats italiens, qui ont reçu à 10 h l'ordre de se retirer par la voie du Col de Cerise - mémoires Strobino 1946. Des centaines de réfugiés désespérés, mal chaussés et habillés, ayant enfermé leurs maigres biens et nourriture dans des draps et couvertures arrachés aux lits de leurs logements, tentent de franchir, en exode tragique, des cols à 2500 m vers l'illusion d'une protection en Italie. Certains, âgés, malades, ou s'étant égarés dans les montagnes, vont mourir en route. (témoignages Jacques Samson, Michel Lempel, Manon Scharfman, Joseph Giuge, Léopold Neumann, Pepino Raibaut, Margot Raibaut Franco, Jean Grinda etc…) Les autres, en atteignant les villages d'Entracque, Valdieri ou Borgo découvriront que les Allemands, ayant envahi l’ex-zone italienne mais également Rome et l'Italie du Nord, les ont pris en tenaille. Nazis et nazo-fascistes vont rattraper le temps perdu…

Entrés dans Nice le 10 septembre Brunner et ses sbires s'y déchaînent… C'est la terreur. En Italie, le 18 septembre, environ 400 réfugiés sont enfermés dans la caserne de Borgo San Dalmazzo. Le 21 septembre, les SS montent à Saint-Martin-Vésubie et y raflent une centaine de réfugiés âgés ou malades n'ayant pu fuir. Puis c'est le tour des vieillards de l'hospice juif de Berthemont et des jeunes enfants laissés en pension par leurs parents au Clos Joli. Environ 150 victimes dans la vallée de la Vésubie. Mémorandum de David Blum, chiffre confirmé par les témoignages : Carmen Giraudi, Rose Matteudi, Victor Giuge, Jean Grinda, Isaac Werner, Michel Lempel, Alfred Feldman, Alfred Pryszkulnik, Éliane Ingigliardi et bien d'autres… Des arrestations vont suivre. Environ 600 des 1200 réfugiés de Saint-Martin-Vésubie disparaîtront dans l'holocauste. Après 10 mois d' « Une certaine "protection", « Répondant à des préoccupations de politique intérieure transalpine » (expo St Martin 2013) « C’est une idée encore courante en Allemagne, Autriche, France et Etats-Unis, que les Italiens sont de braves gens, animés de principes humanitaires. Ce mythe, Italiani brava gente, s’est répandu en Italie après la guerre. Il est basé sur l’illusion d’une protection des juifs dans les territoires occupés. » (Davide Rodogno conférence 2007), les rafles et déportations, stoppées net avec tant de détermination par les occupants italiens, ont repris : 11 septembre, premier convoi de juifs pour Drancy, le 18 : 52, le 20 : 50, le 22 : 100, le 24 : 50… et atteindront à la libération, malgré l’aide de Russes Blancs ex-pogromistes et les primes offertes, environ 3 300 sur les  25 à 45 000 personnes piégés dans Nice le 9 septembre. Où sont les autres ? Qui les cache ? Qui les aide à fuir ?

Mais, en Italie, voici la famille Calisse en danger… D'autant plus que Mussolini et ses sbires ont à cœur d'y concurrencer les Nazis. 30 novembre : tous les Juifs, même italiens, sont déclarés « étrangers appartenant à une nation ennemie » devant être arrêtés et leurs biens saisis. 1er décembre : Mussolini condamne tous les juifs à être enfermés dans des camps de concentration…

« Cher Fabrizio : Si les Allemands mettent à prix la tête de Donati, ils doivent activement rechercher votre père, qui les a bafoués. Où se cache-t-il ? Qui l'aide ? Où avez-vous été cachés ? La famille Arbib a-t-elle souffert ? Libération. Itinéraire ensuite… Votre Papa a-il reçu la reconnaissance qu'il méritait? »

Anna-Maria et Fabrizio à Nice 1943

« Mia madre mi racconto’ che al ritorno a Roma da Nizza, mon père refusa de cacher la famille et lui-même et imposa à tous de rester dans notre appartement au centre de Rome. Je me souviens personnellement d'avoir vu, depuis la terrasse du dernier étage, les troupes allemandes qui se retiraient du centre vers les faubourgs et puis l'arrivée des premières troupes américaines auxquelles nous exposâmes le drapeau italien. La seule précaution prise par ma mère fut de nous enregistrer au nom de Pascucci, et celle prise par mon père de détruire les cahiers qu'il avait écrit dans les années 42-43 ainsi que tous les documents de cette période. D'autres parents de la famille Arbib allèrent vivre à la campagne par sécurité. Les autres étapes de la carrière de mon père après Nice: Istanbul 44-45 (en tant que ministre) - Kabul 47-48-49 (première nomination d'ambassadeur) - Bucarest 51-52. – Karachi 54-55-56. Mon père n'a jamais obtenu aucune reconnaissance, à part le beau document des rabbins que nous connaissions. Mon père ne me parla jamais de « l'histoire de Nice » et le peu que je sais, je le tiens de ma mère. J'ai seulement réussi à trouver une photo de ma mère et de moi à Nice en 43 et je vous l'envoie en pièce jointe, au cas où elle pourrait vous servir. En espérant vous avoir été utile…

La ringrazio ancora, a nome della famiglia, per le sue belle iniziative, consapevole che quello che mio padre otterra’ finalmente sara’ stato solo per opera sua, cara Danielle. Le mando un affettuoso saluto e a presto. Fabrizio Calisse

 

Danielle Baudot Laksine – @ Éditions de Bergier - 04 93 42 41 15 – bergier@wanadoo.fr

Ouvrages sur les Juifs et les Justes de Saint-Martin-Vésubie : « La pierre des Juifs » www.bergier.fr

 

 

1942-43, OCCUPAZIONE ITALIANA DEL SUD-EST DELLA FRANCIA

10 mesi di protezione italiana degli ebrei stranieri

 

Danielle BAUDOT LAKSINE – traduzione Fabrizzio CALISSE

 

“Cara Danielle. Lei sa certamente che Napoleone, a 27 anni, e' diventato generale dopo aver cacciato gli Inglesi da Tolone. A partire da questo momento, non ci fu piu' modo di fermarlo. Nel 1797, fece il suo ingresso a Padova. Quando vide le cancellate all'ingresso del ghetto, le fece saltare. Appena si accorse che che certi Padovani indossavano un dischetto, venendo a conoscenza che era per riconoscere gli ebrei, interdi' di portare il dischetto. Insomma, ordino' la liberazione degli Ebrei italiani. A mia conoscenza, gli Ebrei italiani  sono i soli a dare il nome “Napoleone” a dei neonati, per riconoscenza all'imperatore.” Jacques Blum, ex rifugiato di Saint-Martin-Vesubie - salvato a Roma. L'ignoravo, ma quasi due secoli e mezzo dopo l'azione di Napoleone fu la volta degli Italiani, durante la loro occupazione del sud-est della Francia, di soccorrere degli ebrei perseguitati condannati dai Nazisti e Vichy... mentre che da loro  venivano applicate le leggi anti-ebraiche instituite nel 1938.

Attitudine di Mussolini:

1920 Benito Mussolini, dopo essersi posto la domanda: “Il Bolscevismo e' a tendenza ebraica?” acquisto' la certezza che no. Proprio il contrario, dico, poiche’ e’ proprio il Bolscevismo che condusse alla distruzione degli brei dell'Europa dell’ Est! Quando lui prese il potere nel 1922, non si lascio’ influenzare dalle teorie dei nazisti. La prova? Dal 1923 dichiaro’ che non c'era un  problema ebraico in Italia e affermo’: “I buffoni nazisti mi disgustano”. Per questa ragione s'oppose al sionismo come il Vaticano e come Margherita Sarfati, brillantissima egeria ebrea che rese questo “rozzo ruspante” frequentabile per l'alta societa’ sulla quale essa regnava. Egli considerava che i 47 500 Italiani di religione ebraica, appartenenti alla piu’ antica comunita’ d'Europa, poiche’ anteriore all' Impero Romano, e arricchita nel XVIe secolo dall’arrivo dei Sefarditi, erano prima di tutto cittadini italiani. Poi, nel corso degli anni, dubito’ e si contraddisse, interdicendo a sua figlia di sposare il suo innamorato ebreo per arrivare poi a contrastare tutte le misure per proibire i matrimoni misti. Egli osservo’ che l’antisemitismo non era una presa di posizione popolare dato che era valsa ad Hitler numerosi nemici ma nel 1933 l’opposizione degli Italiani  ebrei alla sua politica, con la loro condanna coraggiosa della nomina di Hitler al posto di cancelliere, provoco' una deteriorazione della loro situazione. Malgrado la presenza di numerosi Italiani ebrei nel partito fascista, una campagna contro di loro fu iniziata, accompagnata dall'arresto di antifascisti accusati di collaborare alla rivoluzione internazionale dei “distruttori dei valori della Patria e della civilizzazione cristiana.” 

Nel 1935, durante l’attacco all’ Etiopia, il re e Mussolini rimproverarono ai loro concittadini ebrei la loro ostilita’ a questa campagna, di cui furono giudicati responsabili i giornalisti ebrei che furono allora licenziati. La guerra civile spagnola del 1936 segno’ l’inizio della collaborazione Italo-Tedesca nell’aiuto a Franco, ma un anno dopo Mussolini defini’ chiaramente la sua posizione dichiarando al Cancelliere austriaco Schushnigg: “E’ chiaro che c’e’ una differenza sostanziale tra il Fascismo e il Nazismo. Noi siamo cattolici, fieri della nostra religione e rispettosi dei suoi insegnamenti. Noi non accettiamo le teorie razziali dei nazisti e ancora meno le loro conseguenze giuridiche...”.

Magnifico e portatore di speranza! Ma il Duce non era alla sua ultima giravolta. Constatando che, contrariamente a quello che  aveva osservato precedentemente, l'antisemitismo accompagnato da una buona propaganda, valeva ora ad Hitler dei trionfi diplomatici, ne segui’ il passo. I suoi concittadini ebrei, nel mostrare la loro solidarieta’ con i correligionari tedeschi, non si dichiaravano forse come nemici della sua politica? Il tempo era venuto di strozzare il pericolo “bolscevico” che rappresentavano gli ebrei arrivati  in  Italia dopo il 1919. Ordino’ la loro espulsione, misura che condusse un grande numero tra loro alla clandestinita’.  In seguito furono promulgate, nel 1938, delle “leggi razziali” che escludevano gli ebrei italiani dall’Esercito, dalle Universita’, dal Partito fascista e dalle amministrazioni. Gli studenti - un solo genitore ebreo bastava - si videro interdire gli studi superiori. Le domestiche cristiane dovettero lasciare i loro datori di lavoro e i matrimoni misti furono interdetti, e anche il possesso di una radio o la liberta' di stare insieme a degli “ariani” nei luoghi di vacanze...

(estratto da « Que sont mes amis devenus ? », « La Pierre des Juifs » tomo 4 Editions de Bergier)

Interpretazione dell'attitudine paradossale degli Italiani

Nel 1938 le “leggi razziali” dell’ Italia, dopo la visita di Hitler a Mussolini, fino allora esitante, copiate su quelle della Germania, provocarono la conversione o la fuga di un gran numero di Italiani, in particolare verso le Alpi Marittime, sebbene fosse un rifugio, dal 1940, con il regime del prefetto Marcel Ribiere, di tutti i pericoli. Alcuni Italiani, rivoltati dalle crudeli misure adottate, cominciarono ad aiutarli. “Gli Italiani”? Come in ogni popolo, il meglio e il peggio coabitavano. L'OVRA, Gestapo di Mussolini, arrestava e torturava in Italia ma anche egualmente a Nizza, dei dissidenti italiani dal 1926, e le sinistre “camice nere” terrorizzavano i cittadini non fascisti, mentre dei diplomatici, dei civili e dei generali dell’esercito utilizzavano il loro potere in seno al partito, cui erano stati costretti ad aderire, per proteggere efficacemente, dall'ottobre 1942 al settembre 1943, tutti gli ebrei rifugiati nel sud-est della Francia.

 

La Protezione degli ebrei?  Nel 2007 lo storico Davide Rodogno, in un articolo: “La politica degli occupanti italiani rigurdante gli Ebrei in Francia metropolitana - Umanismo o pragmatismo?” propone la tesi secondo la quale ci sarebbero state ragioni strategiche e condizionamenti locali che avrebbero spinto le autorita’ fasciste a seguire questa politica. Poi nel 2013 si poteva leggere, sui pannelli di una esposizione sulla guerra 39-45: Profittando della presenza italiana che garantiva loro una certa “protezione” dalle leggi razziali di Vichy, delle migliaia di rifugiati ebrei, che fuggono la furia nazista attraverso l’Europa, trovano rifugio nelle Alpi Marittime. Le autorita’ civili francesi, cercando di interrogare questi progughi stranieri, per poi spesso consegnarli ai tedeschi, si opposero all'armata italiana. Rispondendo a delle preoccupazioni di politica interna transalpina, questa non solo rifiuta di consegnare i fuggitivi, ma accorda loro la sua protezione... etc (testo non firmato).

 

Una “certa protezione”?  “Rispondendo a delle preoccupazioni di politica interna transalpina” ?

Come e’ facile gettare la pietra e poi nascondere il braccio! Queste frasi, anonime, ispirate dalle precedenti, mi sembrano malevole, ingrate e infondate. Come! Io diplomata in Belle Arti e non in Storia, oso oppormi a queste affermazioni di universitari! Ebbene si. Perche’ se mio padre, (di famiglia Khazar venuta dal Caucaso in Francia nel 1899) esercitando l'arte di dentista a Cannes, interdetto dal lavoro nel 1941 e privato della nazionalita' francese acquisita nel 1927, era vissuto in sicurezza nel Var, per 9 mesi, sapeva di doverlo all’occupazione italiana. Tanto bene che prima di partire per andare a nascondersi dall’invasione tedesca, il suo primo gesto di riconoscenza fu di mettere delle famiglie italiane al sicuro in una delle sue proprieta’ ben isolata nelle colline e di fornire vestiti civili a soldati italiani. Allora, a me il turno di prendere la staffetta e di rendere il pane a quelli che mi permisero di avere un papa’. Dunque, si, mi fido dell'opinione di quelli che subirono le persecuzioni,  agirono, resistettero, organizzarono i salvataggi. A Leon Poliakov che, attore degli avvenimenti e che dopo minuziose ricerche e raccolta di documenti, scrisse nel 1946: “Noi non passeremo poi sotto silenzio i nomi dei pricipali artefici dell'opera del Ministero Italiano degli Affari Esteri. Questa opera fu intrapresa da M.Vitetti, Direttore Generale del Ministero e continuata dopo di lui da M.Vidau, Sotto Direttore Generale, che prese, nel 1941, il posto di M.Vitetti.

M.Vidau, in particolare, ha lottato senza tregua contro la macchina politica e amministrativa che voleva distruggere fino all'ultimo uomo le popolazioni ebree dell'Europa occupata e ha messo in questa lotta tutta la sua energia, senza esitare a rischiare, in certe circostanze, la sua autorita' e la sua situazione personale.” L. Poliakov. Pubblicato nel 1946 da   vv il CDJC: “La condizione degli ebrei in Francia sotto l'accupazione italiana” (p 19). Nel 1940-41, chi poteva immaginare una futura vittoria degli Alleati? Mi fido di cosa dice Angelo Donati: “L'azione in favore degli Ebrei nella zona d'occupazione italiana ha potuto essere intrapresa grazie al fatto che ovunque la gerarchia delle amministrazioni italiane, civili e militari, la grande maggioranza dei funzionari e degli ufficiali, erano uomini che non avevano sentimenti antisemiti e che erano accessibili ai sentimenti umani...”  Degli umani normali. I miei studi di questa storia? E’ “sul terreno”, e con passione, che li ho fatti, dapprima ascoltando fin dal 1966 pastori e contadini vesubiani poi ricercando dal 1995 e ritrovando in giro per il mondo, al fine di chiedergli, ascoltarli, filmarli e raccogliere i loro archivi, piu’ di 70 anziani rifugiati di Saint-Martin-Vesubie dalle testimonianze fino allora disprezzate... “avremmo voluto raccontare, testimoniare, ma nessuno voleva ascoltarci”. Helena Roth, Ruth Gottleib, Sidoni Templer, Jacques Blum, etc... Tutti si confidarono e mi espressero, come mio padre, la loro riconoscenza verso gli Italiani. “Ci tengo a ripetere qui la mia immensa gratitudine all'esercito italiano che non aveva seguito gli ordini venuti da Roma e aveva invece protetto i rifugiati ebrei contro ‘'esercito tedesco...” Moise Constadt. “Gli Italiani non  perch’' fossero in guerra contro la Francia. Il nemico, per loro erano i tedeschi. Esclusi i Fascisti, non sapevano cosa fosse il razzismo. Ebreo non esiste ma Italiano di religione ebraica". Jacques figlio di Avraham Paperman, responsabile della comunita' ebraica di St Martin-Vesubie.

Ho avuto la fortuna di ritrovare A. Rosato, antifascista convinto in carica, nel 1942-43, della caserma del Col de Cerise, e di vedermi da lui confidare i ricordi e gli archivi di F. Strobino e poi di filmare, nel 2007, il professor L. Luraghi, che fu il comandante italiano del posto avanzato della Madone de Fenestre, in carica di St Martin-Vesubie: Il generale Trabucchi, Capo di Stato Maggiore della IV Armata Italiana, aveva inviato a tutti gli ufficiali una nota segreta ordinandogli di impedire ogni intrusione dei tedeschi e azione dei miliziani di Vichy nella zona italiana, e soprattutto di impedire qualsiasi violenza verso gli ebrei...non pensavo di avere l'occasione di applicare questa circolare...Ma un giorno della primavera 1943, ero di pattuglia sulla frontiera italo-francese, route de la Madone, quando un giovane e’ arrivato... “Venite, venite per favore, dei miliziani stanno deportando degli Ebrei!” Avevo cinque soldati, ho preso subito la strada e sono arrivato a Saint-Martin, piazza del Comune. Un gruppo di miliziani, berretto nero in testa, aveva arrestato degli Ebrei, 12 o 15... “Che cosa fate qui?” ho detto al loro capo... “Sono venuto ad arrestare gli ebrei.” “Qui e’ zona italiana, non avete ne’ il diritto ne' la possibilita’ di fare qualcosa. Vi do’ 5 minuti per andarvene, poi usero' la forza...”  Allora ho visto i miei soldati inserire le cartucce. Quello m'ha gettato uno sguardo che non ho dimenticato, ma se ne sono andati... I Paesani riuniti intorno a noi hanno applaudito!

Cosa che conferma la tesimonianza filmata nel 2004, a Los Angeles, di Sigi Hart: “C'era la polizia, a Saint-Martin, la Gendarmeria, e avevano il fodero della pistola, ma dentro non avevano che delle cicche perche' gli Italiani gli avevano tolto le armi... Non toccherai un solo dei miei Ebrei, qui” Dopo aver ascoltato tanti anziani rifugiati, soldati, e testimoni come abitanti, pastori, paesani e studiato i loro personali archivi, come poter accettare l'opinione dei professionisti della Storia che 60, 70 anni dopo i fatti, impongono le loro intime convinzioni opposte alle testimonianze, che essi hanno ignorato, di quelli che non sono piu' li per contraddirli. Su Wikipedia, si puo’ leggere: Nella loro zona di occupazione, le autorita’ italiane - grazie all'azione del banchiere ebreo italiano Angelo Donati, del cappuccino padre Marie-Benoit e del comitato Dubouchage - protessero gli Ebrei dalla persecuzione dei tedeschi e delle autorita’ di Vichy... etc. Ma non una parola sul Console Generale d’Italia Alberto Calisse. Dimenticato. Cancellato dalla Storia. Eppure!

Susanna Calisse, volendosi informare su suo zio, rese visita a Nizza, nel 2010, a M. Musella Presidente dei “Comites” (Comitato italo-francese per la promozione culturale, scientifica, artistica degli italiani all'estero), che le diede le mie coordinate. Spiegai a Susanna che dopo la lettura delle lettere della Gesapo e di Ribiere e delle testimonianze raccolte, giudicavo l'azione di Alberto Calisse ben piu' importante di quello che  ne diceva la Storia. Mi sembrava evidente che niente si sarebbe potuto compiere senza il potere e l'autorita’ del Console Generale. Chiesi a Susanna di aiutarmi cercando, negli archivi di famiglia dei documenti che confermavano la mia tesi. A Pasqua 2011, Susanna mi diede appuntamento a Nizza e mi confido’, da parte di sua zia Carla Calisse, nipote di Alberto, dei documenti straordinari: un telegramma del conte Conte Ciano e degli scambi 1942-43 tra Alberto Calisse e il suo ministero. Poi, essendo Carla venuta a mancare all’improvviso, sua figlia Gioia si addosso’ l’incarico delle ricerche e mi mise in contatto con suo zio Fabrizio Calisse. Ero sicura che Donati e Alberto Calisse si conoscevano ben prima di ritrovarsi a Nizza nell’ ottobre 1942.  Fabrizio conferma: “Cara Danielle, ho trovato un vecchio passaporto del Ministero Affari Esteri, firmato dal Ministro in data 1920 e con visto  del prefetto di Parigi, che incarica l'avvocato Alberto Calisse di “missione all’estero”. Ho trovato inoltre fotografie di mio padre a Parigi con date 1920, 1921, 1922, 1923. Mio padre conosceva Angelo Donati fin dai tempi della sua prima nomina a Parigi come “incaricato di affari”, posizione che gli diede modo di conoscere vari esponenti della comunita’ italiana.”  Meraviglioso! Ogni risposta di Fabrizio alle mie domande mi permetteva di ricostituire la cronologia degli avvenimenti, di situarli nel tempo nella mia ultima opera, poi di promettere al signor Musella un dossier affinche' Alberto Calisse fosse infine onorato!

 

Alberto Calisse: L'anno 1938 aveva marcato l'esclusione degli ebrei dal partito fascista, tra cui dei dignitari, eccetto Donati, di cui Roethke, Comandante della polizia tedesca di Sicurezza e del SD, ci rivela: I suoi titoli : e’ commendatore della Legione d'Onore, Grande Ufficiale della Corona d'Italia, ex ufficiale di collegamento dell'armata italiana in Francia durante la guerra 1914-1918, capitano d'aviazione, etc... Dopo la guerra, fu amministratore di numerose societa' in Francia tra cui un gran numero rappresentavano interessi italiani etc..., gli hanno valso di essere esentato dalle misure antiebraiche. All’arrivo dei tedeschi a Parigi, Donati si istallo’ a Nizza e si occupo’ della sorte dei suoi correligionari tedeschi e austriaci, fornendogli Calisse i visti per i suoi protetti. “Gli Austriaci e i tedeschi rifugiati in Francia per fuggire le persecuzioni naziste erano arrestati e internati in campi di concentramento francesi.” Ruth Gottlieb, Nizza, video DBL 2004 

A seguito della scoperta nel settembre 1941, a Auschwitz, dell’efficacita’ del Zyklon B nell'assassinio di massa, l'esecuzione del progetto di Hitler di annichilazione totale degli ebrei d'Europa fu programmata e messa in esecuzione paese per paese. L'estate 1942 tocco’ alla Francia. I grandi rastrellamenti ordinati dai nazisti sono eseguiti in luglio, a Parigi e in zona occupata, dalla polizia agli ordini di Bosquet. Nella zona detta libera, in seguito a un mercanteggio con Hitler, Petain e Laval offrono di consegnare 50 000 ebrei stranieri in cambio della  promessa che i Francesi Israeliti sarebbero risparmiati. Una prima consegna di 10 000 e' organizzata. Vichy consegna i prigionieri dei suoi campi di concentramento e programma segretamente rastrellamenti massicci per la notte dal 25 al 26 agosto. Nelle Api-Marittime, il prefetto Ribiere promette 2000 persone, ma i tre quarti di loro sono avvertiti in tempo e si nascondono, grazie a fughe d' infomazioni organizzate da Hector Cendo, Capo di Gabinetto del prefetto, segreto resistente sotto lo pseudonimo di "Miami" e appoggiato dal suo gruppo, tra i quali membri della polizia francese. Il 31 agosto, 560 ebrei stranieri sono deportati a Drancy. Uno scacco. Ribiere si rifara’...  Ma  gli arresti e deportazioni future, programmate dallo zelante prefetto umiliato, sono fermate di netto,  e per nove mesi, da un avvenimento:

L'occupazione italiana

L’ 8 novembre, gli Alleati sbarcano in Nordafrica. L’ 11 avviene l'occupazione da parte delle truppe dell'Asse - all'ovest del Rodano dai tedeschi e all'est dagli italiani - della “Zona Libera” che diventa “Zona Sud”. Come mi testimonia Fabrizio Calisse, il Ministro degli Affari Esteri, conte Galeazzo Ciano nomina allora suo padre al posto di Console Generale d'Italia a Nizza. “Galeazzo Ciano conosceva mio padre tramite amici comuni, e lo nomin’' a Nizza nell’ ottobre 1942, dopo il primo rastrellamento degli Ebrei”. Susanna mi scrisse: Cara Danielle, grazie dei messaggi. La moglie di Alberto Calisse si chiamava Anna Maria Arbib ed era nata a Roma... Arbib! Jean Carasso, subito contattato, mi conferma. “Arbib e’ proprio un nome ebraico, frequentemente portato dai Sefarditi.” Calisse fu dunque inviato a Nizza per le sue qualita’ diplomatiche, ma ugualmente per mettere al riparo  sua moglie e i suoi figli che ricadevano sotto le leggi razziali del 1938. “Ecco quanto ho potuto trovare nei documenti di casa sulla nostra vicenda: Alberto Calisse, nato a Pisa (Italia) nel 1896. Religione cattolica, non praticante. Mia madre era cattolica, come mia nonna Beartice Pascucci.” Fabrizio Calisse a DBL

 Subito arrivato in compagnia di Anna Maria, Adriana e Fabrizio, Calisse nomina il suo amico Donati suo “porta parola degli ambienti ebraici”.   Egli prepara con lui un piano di protezione degli ebrei contro Vichy, i nazisti e Mussolini.  L’ 11 dicembre, informato dall’ ambasciata italiana a Parigi del rifiuto dei tedeschi di rispettare gli accordi firmati il 10 ottobre che conferivano l'immunita' agli Italiani ebrei, Ciano invia da Roma un telegramma di protesta (n. 42843 P.R.) alle ambasciate d' Italia a Berlino e Parigi. Il 15 dicembre, Calisse scrive al Ministro degli Affari Esteri, alle ambasciate d'Italia a Parigi e al Bureau, a Vichy, del comandante della IV Armata.   

COMMISSIONE ITALIANA D'ARMISTIZIO CON LA FRANCIA

Delegazione per il rimpatrio e l' assistenza   NIZZA 15 dicembre 1942

Oggetto: Gli Ebrei e l'occupazione militare italiana --- Vi trasmetto, per informazione, un breve riassunto redatto da persona ben informata sulla situazione attuale dell'ambiente ebraico a Nizza, specialmente in relazione alla occupazione militare italiana (Calisse).

Sembra utile segnalare la reazione dell'ambiente ebraico all'occupazione italiana delle Alpi Marittime. 

La popolazione ebrea si divide  in tre categorie che sono: quelle dei residenti, quella che ci si e' rifugiata dopo la disfatta francese, proveniente dalla Francia occupata e da tutti i paesi dell'Europa, e infine quella che dopo l' 11 novembre, giorno dell'entrata degli Italiani in Francia, e' fuggita da Marsiglia e dalle province occupate militarmente dall'armata tedesca. Questa ultima si compone di un'importante minoranza di intellettuali e di nullatenenti e di una maggioranza di persone che hanno perduto, in conseguenza della fuga e delle espropriazioni, praticamente tutti i loro beni e che vivono miseramente. E’ difficile precisarne il numero perche’ i piu’ vivono nascosti, soprattutto dopo le deportazioni della fine del mese di agosto, ma sono certamente decine di migliaia. Secondo un'inchiesta fatta in quei giorni, si trova che tutti avendo paura che le autorita’ tedesche potessero procedere a degli arresti e a delle deportazioni come in zona occupata, misure gia' prima applicate in questa zona (rastrellamenti del 26 agosto 1942), hanno accolto l'occupazione italiana con un sentimento di sollievo...etc... archivi Carla Calisse

Calisse ottiene dal ministro Bonarelli e da d'Ajeta, capo del gabinetto di Ciano, le risposte desiderate (telegramma n^34/R 12825). Con l'appoggio attivo del suo ministero, del comando della IV Armata e della polizia italiana, tiene testa al prefetto Ribiere che, obbedendo a Vichy, ai tedeschi e ai suoi propri sentimenti, promulga leggi dopo leggi antiebraiche, rabbioso della sua impotenza, faccia alla determinazione del console a non farle applicare. Calisse da' incarico al Centro di Accoglienza Dubouchage di stabilire per i rifugiati documenti che li mettano sotto protezione della gendarmeria italiana. Carabinieri sono posti davanti alla synagoga al fine di impedire gli arresti da parte di miliziani.

Alberto Calisse mette in scacco le 3 misure faro prese dal prefetto Ribiere:

1- Trasferimento di tutti gli ebrei stranieri nell'Ardeche e  nella Drome, dipartimenti gia’ controllati dai tedeschi. 2 - Incorporazione degli ebrei e di cittadini dei paesi nemici dell’Asse in delle compagnie di lavoratori stranieri. 3 - Legge del 11 dicembre 1942 : apporre la menzione “ebreo” sulle carte d' identita’ e permessi di soggiorno.

Dove leggere un piu’ sincero omaggio al Console Generale d'Italia e ai suoi collaboratori d’umanita’ e di giustizia che nelle 3 pagine della lettera accusatrice inviata da Ribiere il 14 gennaio 1943 a Monsieur Le Chef du Governement: estratto “Ho l'onore di rendervi conto qui sopra delle condizioni nelle quali le autorita' militari e civili italiane hanno fatto opposizione all'applicazione nel dipartimento delle Alpi-Marittime delle differenti misure relative agli ebrei stranieri, che il governo francese aveva prescritte. etc-. E’ nella lettera di A. Calisse, della quale vi ho citato piu’ sopra il passaggio essenziale, che bisogna ricercare la posizione di principio del governo italiano nei riguardi del problema  ebraico...etc...”                                                                                                                                                                                              

  L'ordine di “non applicazione” ( ripeto NON) delle misure anti-ebree, arresti e deportazioni, era stato inviato dal Ministero degli Affari esteri italiano ai suoi rappresentanti in Francia poi trasmesso a tutte le prefetture e autorita' locali francesi dei dipartimenti sotto occupazione italiana. I tedeschi immediatamente accusano gli ebrei di influenzare gli italiani e di creare in loro una tendenza pro-alleati... Il console d'Italia rifiuta di consegnare gli ebrei stranieri? Ebbene sia ma allora, che lui li faccia isolare. Calisse deve guadagnare tempo calmando Tedeschi e prefetti. Il 16 dicembre 1942 il Comando Supremo italiano informa il Comando Supremo della Wehrmacht:... nella zona francese occupata dagli italiani, questi ultimi interneranno tutti gli ebrei e le loro famiglie. (Poliakof. p.52 nota confidenziale firmata Krafft).  A fine dicembre si organizza l'istallazione dei rifugiati nei “campi di assegnazione a residenza forzata”.  Dei membri del Comitato ebraico Dubuchage se rendono a Saint-Martin-Vesubie, Saint Gervais, Vence, Barcellonette etc... al fine di locare degli alloggi per 3000 persone. Alexandre Berlant si stabilisce a Saint-Martin-Vesubie, hotel Stefany, e incarica il banchiere agente immobiliare Gasiglia di trovare degli alloggi per 1200 persone. (J. Boin, R. Gasiglia, lettere a Berlant).

L'esempio di Saint-Martin-Vesubie.

Una pausa di pace sotto protezione italiana... il tempo di una estate:

Dal marzo 1943 delle centinaia di rifugiati, per la maggior parte poveri e di gia' amputati di parte della loro famiglia, fanno la coda alla stazione degli autobus. Bisogna pazientare per ottenere un posto nella corriera che conduce a 60 km da Nizza, a Saint-Martin-Vesubie. Frequentato fino al 1940 da ricchi villeggianti stranieri, questo villaggio montanaro di 1500 abitanti possiede 9 raffinati alberghi e delle ville eleganti. Tutto e’ stato preso in locazione da A. Berlant, fino alle modeste stanze presso gli abitanti. Gli affitti sono pagati con fondi americani del  “Joint” ottenuto da Angelo Donati. Comincia allora per circa 800 “assegnati a residenza forzata”, e piu’ di 400 clandestini, una pausa di pace nel seno di una popolazione amichevole. Dopo i rastrellamenti del 26 agosto 1942, Ribiere aveva fatto redigere dei rapporti concernenti lo stato di spirito della popolazione del dipartimento. N° 3951 il 12.9.1942 - Nota di informazione relativa al Comune di St. Martin Vesubie - estratto: Le misure prese riguardo gli Ebrei, li' come altrove, sollevano un profondo sentimento di condanna tra i SAN MARTINESI, che, apertamente, dichiarano indegni del nostro paese i procedimenti impiegati, specialmente la separazione dei bambini dalle loro madri.  I Vesubiani, loro, si mostraranno umani: "I miei genitori sono stati sempre meravigliati per il modo col quale i paesani ci hanno accolto, perche' dopotutto per loro era un’invasione…” MyriamButler, video DBL 2003.

I rifugiati in maggiorita’ ashkenazi sono stati selezionati tra i piu’ poveri, ma chi sono i clandestini? Numerosi tra loro, appartenenti a dei movimenti di resistenza, devono restare nella clandestinita' e dei Francesi ancora risparmiati ma diffidenti, si alloggiano con i propri mezzi. C’erano anche dei Sefarditi?”, mi  aveva chiesto  Moise Rahmani,  fondatore de “Los Muestros” .  Ho rilevato dei nomi : Ovadia, Errante, Mendel, Galante, Handel, Libbra, Libra, Montel, Landau, More, Saltiel, Salem, Baran, Birman, Pinhas e, seguito tutto specialmente gli itinerari dei Marsigliesi originari di Salonicco: Edmond Nadjari, (Jerusalem video DBL 2007), suo cugino Maurice Benveniste, e gli Asseo.

Il Delegato Speciale al Comune procura il casino "Les Pervinches" per istallarvi una synagoga dove il rabbino Templer sposa sua figlia Sidonie nel corso di una gioiosa cerimonia che riunisce rifugiati, paesani e Italiani con il comandante. Una scuola Talmud Torah raccoglie i bambini. Nei laboratori dell’ORT si insegna artigianato e agricoltura. Joseph Glaichenhaus, medico comunale di Saint-Martin, di famiglia russo ebrea apatride, sistema per l’OSE dal 1942 degli orfani presso contadini e paesani. L'armonia regna poiche’ i Vesubiani, che ignorano cosa significa la parola ebreo “Joseph Glaichenhaus? non e’ ebreo, e’ un medico!” non vedono in loro che dei fratelli umani nel bisogno: “noi, eravamo poveri ma loro, ancora piu’ poveri di noi!” Marguerite Raibaut Franco, giusta davanti le Nazioni 2005. 

  Contadini e rifugiati lavano insieme al lavatoio, passeggiano coi bambini lungo le strade, scambiano le ricette... “Nell'inferno che abbiamo vissuto, Saint-Martin era un'oasi, ci faceva pensare a un piccolo shtetl di Polonia, di Cecoslovacchia.Vivevamo il momento presente. Non ci conoscevamo prima ma un destino ci legava, c'era una fraternita' e questa serenita' ci ha dato la forza di andare avanti...” Lea Reuveni, Haifa Video BDL 2007. Nelle strade e le piazze di questo “shtetl” vesubiano risuonano il polacco, il tedesco ma soprattotto lo yiddish, lingua sussurrata da anni perche’ cosi’ pericolosa. Ognuno assapora ogni minuto di questo ritrovato diritto di vivere...”Saint-Martin-Vesubie? Oddio! Ma ci ho lasciato il mio cuore, ci ho lasciato la mia anima a Saint-Martin-Vesubie... Avevamo la speranza nel nostro cuore. E’ per questo che sono stata felice qui, in liberta’. C’erano persone che ci amavano. Dormivo in un letto. Avevo dll’acqua per lavarmi... Sono venuta qui dal campo di Gurs. Rivesaltes, Vernet, Agde, St Pons e Gurs, eravamo in 5 campi e quando siamo arrivati qui...era il paradiso! Siamo diventati qualcuno che poteva camminare nella strada, che poteva dare amore e non ricevere dell'odio! Come dire tutto questo con delle parole?” Manya Hartmayer Breuer video DBL Los Angeles 2004.

« Il comandante italiano veniva a giocare a carte dai miei genitori …” Léopold Neumann videoDBL Antibes 2004. Nessuno si nasconde piu’, nessuno ha piu’ paura e tutti sperano di vedere qui, in queste montagne, che la guerra infine tace. I giovani, stranieri, Nizzardi et Vesubiani, marciano insieme in montagna, si bagnano nei torrenti e ballano…” Gli ebrei? Era meraviglioso ! Prima ci si annoiava un po’, a Saint-Martin ma li' c'era una popolazione diversa, che ci portava delle idee nuoveSi ballava nei granai, si ballava ovunque…” Éliane Ingigliardi, Justa dimenticata. Gli adulti discutono interminabilmente sulla piazza, ascoltano radio-Londra da Nini Ciais la merciaia. « Saint-Martin-Vésubie fu uno spiraglio nella mia vita. Ai Saint-Martinois, io voglio dire grazie. Questo passaggio da loro, quale bel ricordo! Io avevo l'impressione di essere infine libera. Era triste, era allegroNoi avevamo della speranza, noi vivevamo nella speranza!Jacques Paperman, Nathania 2007. Nelle rimesse, dei rifugiati fabbricano e vendono scarpe, vestiti e gioielli di paccottiglia. Nei campi, dei giovani lavorano e faticano per dei contadini“Per noi questo periodo e’ stato il migliore di tuta questa guerra. Alla fine vivevamo liberi, gli Italiani erano gentilissimi. Era un miracolo di non avere piu' paura Jenny Stopek video DBL 2013  “I contadini ci permettevano di lavorare con loro e ci davano da mangiare! Avevamo del latte, lo mettevamo nelle bottiglie e lo sbattevamo affinche' diventasse del burro che vendevamo. Di formaggio ne abbiamo fatto” Sigi Hart video DBL Los Angeles 2004. Ma mentre che gli uni danzano: “I balli essendo proibiti si ballava clandestinamente nei granai... Tra noi, era vera amicizia.” Carmen Giraudi video DBL 2005... Davide Blum dirige Chalet St Anne un laboratorio di falsari dove si fabbricano centinaia di documenti falsi. Non fidandosi, manda suo fratello Jacques e Ernest Happenzeller a esplorare le strade verso l'Italia... “Non si sa cosa riserva l'avvenire” Jacques Weintraub a David Blum.

Sola difficolta’ per i rifugiati: sottoporsi ogni giorno al controllo dei soldati italiani. “Essi erano cosi' gentili! Era un piacere ritrovarci a chiacchierare, scambiare...” Liesel Gorges video DBL 2013

Inviare degli “indesiderabili” in “luoghi di residenza obbligata” fu dunque la risposta umana di diplomatici, civili e militari italiani alle pressioni di Vichy e dei tedeschi che esigevano che essi fossero consegnati ai Nazisti. Soluzione che li arrabbio’. Fine marzo Muller, capo della Gestapo, e’ inviato a Roma da Himmler a lamentarsi con Mussolini.

Von Ribbentrop testimoniera’ ugualmente al processo di Norinberga, del suo passo. (Poliakov p. 31) Le Autorita’ d'occupazione italiane sono accusate di essere conniventi con gli ebrei, quegli ebrei che fanno del sabotaggio e danno delle informazioni a Inglesi e Americani. Mussolini e' pronto a cedere ma Vidau veglia. I funzionari del Ministero degli Affari Esteri si affrettano a raccogliere e presentargli tutte le prove dei massacri commessi dalle SS in Polonia, con una nota affermante che nessun potere poteva associare l'Italia a tali crimini di cui avrebbe dovuto un giorno rendere conto. Mussolini cede. Gli ebrei non sono consegnati.

Dopo il decesso improvviso di Carla Calisse, sua figlia Gioia ha preso il cambio... Ho seguito da lontano ma con attenzione le tappe della scoperta di Alberto Calisse, e si tratta di una storia che bisogna raccontare e che amerei poter seguire da vicino con Susanna, se possibile. Poi mi pervenne un vero tesoro: “Cara zia e cara Danielle, vi ho scritto un po' rapidamente per inviarvi il documento, infine leggibile, che ho appena ricevuto da Fabrizio Calisse, figlio di Alberto e Anna Maria.” Come descrivere la mia emozione. Questo “omaggio a Alberto Calisse” del 10 maggio 1943, era LA prova assoluta di cui avevo bisogno.                                                                             

“A Alberto Calisse, Console Generale d'Italia, il quale applicando le direttive del suo governo agli Ebrei residenti in zona d'occupazione italiana in Francia, fece prova di nobilta' e giustizia. In eterno riconoscimento.”

Ma, per non aver ceduto alle loro esigenze, Roma tenta di calmare i tedeschi... “Cosi’ come l'abbiamo saputo, il Ministero dell'Interno d'Italia ha creato un Commissariato ai problemi ebraici a Nizza, Villa Surany, sotto la direzione dell'italiano Lo Spinoso, che ha il rango di Genarale. Al suo stato maggiore immediato appartengono il luogotenente-colonnello Bodo e il capitano Salvi. Il suo collaboratore piu' importante sara' il semi-ebreo Donati...” S.D di  Marsiglia 26 maggio 1943. Muller si rallegra:”La polizia italiana ha inviato l'ispettore generale Lo Spinoso e il suo aiutante...per regolare nello spirito tedesco, in collaborazione stretta...” etc (p.33 Poliakov) “Lo Spinoso”? Curioso! Questo nome sembra quello del filosofo Spinoza, nato da genitori marrani scacciati in Olanda dall'Inquisizione... Jean Carasso, creatore de “La Lettera Sepharade”, me lo conferma: “Spinoso  viene da ESPINOZA o SPINOZA, patronimo degli ebrei originari di Espinoza de Los Monteros, citta' spagnola della provincia di Burgos.” Di nuovo fu scelta la persona giusta. L'annuncio della nomina di un Commissario al Problema  Ebraico fa regnare l'angoscia tra i rifugiati, ma Guido Lo Spinoso rassicura  i loro responsabili fin dal suo arrivo: “Credo che sono mandato qui dal Cielo per aiutarvi... Sono un anziano dei vostri!“ (testimonianza di Ignace Fink a Annie Latour), e si mette subito a collaborare con Calisse, Donati, il padre Marie-Benoit, Paperman, Bodo e Salvi. Forte del suo titolo “polvere agli occhi” ma facendosi passare per ingenuo, manipola Bousquet e i tedeschi, mente e gioca con loro al gatto e topo con un tale talento che i perseguitati affluiscono ancor meglio nella “zona rifugio”. L'ignobile prefetto Ribiere e’ infine rimpiazzato dal resistente André Chaigneau che convoca subito i responsabili del Comitato Ebraico e dichiara: “Non ammettero’ ormai alcun atto arbitrario verso degli Ebrei che si trovino in una situazione irregolare o illegale. Non voglio lasciare agli Italiani il nobile privilegio d'essere i soli detentori della tradizione di tolleranza e umanita' che e' anche quella della Francia.” L'Ergot 1946.

Dopo la destituzione e poi l'arresto di Mussolini, nel luglio 1943, si prospetta l'armistizio tra italiani e alleati. La realta’ dei campi essendo stata rivelata da due deportati riusciti a evadere da Aschwitz e a tornare a Nizza (“cosa sono diventati i miei amici” DBL p.71: "il grave errore di Fink e Topio”), un piano di evacuazione di tutti i rifugiati e’ progettato da Donati e i suoi complici: “alla fine di agosto, scrisse Donati, una riunione interministeriale alla quale era presente il ministro degi Affari Esperi Guariglia, il Ministro dell'Interno, il direttore della sicurezza generale Senise e il maresciallo Badoglio, decise in quali  localita' avrebbero potuto andare gli ebrei, e diede assicurazioni che vi era la possibilita’ di fare l'operazione poiche' si era convinti che sarebbero passate deverse settimane prima che l'armistizio fosse noto. In queste condizioni, cominciai le negoziazioni per l'affitto delle quattro navi che avevano riportato gli Italiani d'Africa Orientale in Italia che ora avrebbero potuto condurre gli Ebrei d'Italia in Nordafrica.” (testo riprodotto da L. Poliakof). L'armistizio Italo-Alleato viene firmato segretamente il 3 settembre.

Si conviene di attendere 4 settimane prima di rivelarlo, per permettere alla Armata Italiana di ripiegare e proteggere Roma e l'Italia del Nord e ai condannati ebrei di essere messi al sicuro. Si sarebbero salvati 25, 30, 45000 persone. Partenza programmata per il 9 settembre, ma l'8 : <<...nella mattinata, Sir Osborne e M. Titman furono informati del mio incontro con Bonin  e io ripartii da Roma nel pomeriggio per andare a Nizza a organizzare la partenza degi Ebrei verso l'Italia. Intanto le autorita' italiane, preoccupate di salvare degli Ebrei che, a causa della riduzione della linea di occupazione italiana in Francia sarebbero caduti sotto il controllo tedesco, avevano organizzato il loro trasferimento nella Contea di Nizza...>> Fatto confermato da un telegramma del Dr Knab al kommando di Lione: CONFIDENZIALE. Oggetto: attitudine amichevole delle truppe italiane d'occupazione verso gli Ebrei....secondo un rapporto molto sicuro, le autorita' militari italiane in Francia hanno ricevuto l'ordine, il 5 o il 6 settembre 1943, di fornire a tutti gli Ebrei domiciliati nel loro settore un permesso di circolare per la zona italiana d'occupazione in Francia, permessi validi fino alla sera del 9…” (estratto Poliakof doc 14)

Donati, essendo riuscito ad ottenere tutte le autorizzazioni, parte da Roma per Nizza e si trova a Milano quando... “lo stesso 8 settembre, alla fine del pomeriggio, il Q.G. d'Eisenhower, senza informarne il governo italiano, pubblico' la notizia dell'armistizio, facendo fallire ogni piano d'attacco ai tedeschi da parte delle forze italiane in corso di raggruppamento. I tedeschi prendevano immediatamente il controllo del traffico ferroviario in tutta Italia e cominciavano le razzie e le deportazioni di militari, civili ed Ebrei” “Mio padre ne volle a Eisenhower fino alla sua morte.” Marianne Spir Donati a DBL. Donati, che adesso ha una taglia sulla testa, parte a nascondersi in Toscana prima di rifugiarsi in Svizzera dove continuera’ la sua opera umanitaria. Ma a Nizza il 9 settembre, Alberto, Anna Maria, Adriana e Fabrizio Calisse, in un’ automobile al passo nella confusione di vetture, camion, ciclisti e pedoni in panico, fuggenti i tedeschi, traversano il confine in grande ansieta’. Se, come Lo Spinoso, sono stati in sicurezza nella zona occupata dalla loro armata, che avverra’ di loro in Italia? Scopriranno che Anna Maria e’ figlia dell'avvocato Ernesto Arbib?

A Saint-Martin-Vesubie:La sera del 8 settembre, il comandante italiano e’ venuto a dirci: fuggite, andate in Italia, diro' ai miei soldati di guardare dall'altra parte!” Boris Camelli,  ex Norbert Wolfinger. “Il comandante e' venuto a dirci di fuggire...” Leopold Newman, Lea Reuveni e molti altri... “Dopo la notizia, eravamo tutti riuniti nella piazza quando gli Italiani sono venuti a restituirci i documenti…” Liesel Gorges, Video DBL 2013. La fuga e’ organizzata da Avraham Paperman. Appuntamento alle quattro (testimonianze Jaques Blum, Moise Konstadt, Jaques e Henri Paperman). Il 9 settembre, e’ la partenza per l’Italia attraverso il Col de Fenestre, via celta da David Blum. Poi i ritardatari seguono i soldati italiani, che hanno ricevuto alle 10 l'ordine di ritirarsi per la via del Col de Cerise (memorie Strobino 1946). Centinaia di rifugiati disperati, mal calzati e vestiti, con i loro magri beni  e cibi racchiusi dentro lenzuoli e coperte strappati ai letti delle loro abitazioni, tentano di attraversare, in un esodo tragico, dei colli a 2500 m verso l'illusione di una protezione in Italia. Alcuni, vecchi, malati o persi nelle montagne, moriranno per strada (testimonianze di Jaques Samson, Michel Lempel, Manon Scharfman, Joseph Giuge, Leopold Neumann, Pepino Raibaut, Margot Raibaut Franco, Jean Grinda, etc...). Gli altri, arrivando ai villaggi di Entracque, Valdieri o Borgo scopriranno che i tedeschi, avendo invaso l'ex zona d'occupazione italiana ma anche Roma e l'Italia del nord, li hanno presi in una tenaglia. Nazisti e nazo-fascisti si riprenderanno il tempo perduto... Entrati a Nizza il 10 settembre Brunner e i suoi sbirri si scatenano...E' il terrore. In Italia, il 18 settembre, circa 400 rifugiati sono rinchiusi nella caserma di Borgo San Dalmazzo. Il 21 settembre, le SS salgono a Saint Martin Vesubie e catturano un centinaio di rifugiati anziani o malati che non erano potuti fuggire. Poi e' la volta dei vecchi dell' ospizio ebraico di Berthemont e dei bambini lasciati in pensione dai loro parenti al Clos Joli, in tutto circa 150 vittime nella vallata della Vesubie (memorandum di Davide Blum, cifra confermata dalle testimonianze: Carmen Giraudi, Rose Matteuli, Victor Giuge, Jean Grinda, Isaac Werner, Michel Lempel, Alfred Feldman, Alfred Pryszkulnik, Elian Ingigliardi e molti altri...). Seguono arresti. Circa 600 dei 1200 rifugiati di Saint Martin Vesubie spariranno nell'olocausto. Dopo 10 mesi di “Una certa protezione”, “Rispondendo a delle preoccupazioni di politica interna transalpina” (expo St Martin 2013) “E' un’idea ancora corrente in Germania, Austria, Francia e Stati Uniti, che gli italiani sono brava gente, animati di principi umanitari. Questo mito, italiani brava gente, s'e' diffuso in Italia dopo la guerra. E’ basato sull’illusione di una protezione degli ebrei nei territori occupati”. (Davide Rodogno 2007), le razzie e deportazioni, fermate nettamente con tanta determinazione dagli occupanti italiani, riprendono: 11 settembre, primo convoglio di ebrei per Drancy, il 18: 52, il 20: 50, il 22: 100, il 24: 50... e raggiungeranno alla liberazione, malgrado l'aiuto di russi bianchi ex-pogromisti e le prime offerte, circa 3 300 sulle 25 000 a 45 000 persone intrappolate a Nizza il 9 settembre. Dove sono gli altri? Chi li nasconde? Chi li aiuta a fuggire?

Ma, in Italia, ecco la famiglia Calisse in pericolo... Tanto piu’ che Mussolini e i suoi sbirri hanno a cuore di fare concorrenza ai nazisti. 30 novembre: tutti gli ebrei, anche italiani, sono dichiarati “stranieri appartenenti a una nazione nemica” prima di essere arrestati e i loro beni sequestrati. 1 dicembre: Mussolini condanna tutti gli ebrei a essere rinchiusi in campi di concentramento... 

Caro Fabrizio: se i tedeschi hanno messo una taglia sulla testa di Donati, devono anche ricercare vostro padre, che li ha raggirati. Dove si nasconde? Dove vi siete nascosti? La famiglia Arbib ha sofferto? Liberazione. Itinerario in seguito... Vostro papa' ha ricevuto il riconoscimento che meritava?”  

 

Anna-Maria  e  Fabrizio  a  Nizza  1943

 

Mia madre mi racconto' che al ritorno a Roma da Nizza, mio padre rifiuto’ di nascondere la famiglia e lui stesso e impose a tutti di restare nel nostro appartamento al centro di Roma. Mi ricordo personalmente di avere visto, dalla terrazza dell' attico, le truppe tedesche che si ritiravano dal centro verso la periferia e poi l'arrivo delle prime truppe americane alle quali esponemmo la bandiera italiana. La sola precauzione presa da mia madre fu di registrarsi sotto il cognome materno di Pascucci e la precauzione presa da mio padre fu di distruggere i diari che aveva scritto negli anni 42-43 e tutti i documenti di quel periodo. Altri parenti della famiglia Arbib andarono a vivere per sicurezza in campagna. Le altre tappe della carriera di mio padre dopo Nizza: Istambul 44-45 (come ministro), Kabul 47-48-49 (prima nomina d' ambasciatore), Bucarest 51-52, Karachi 54-55-56.  Mio padre non ha mai avuto alcun riconoscimento, a parte il bel documento dei rabbini che conosciamo. Mio padre non mi parlo' mai della “storia di Nizza” e il poco che so, l'ho avuto da mia madre. Sono solo riuscito a trovare una foto di mia madre e di me a Nizza. Sperando di esserle stato utile la ringrazio ancora, a nome della famiglia, per le sue belle iniziative, consapevole che quello che mio padre otterra' finalmente sara' stato solo per opera sua, cara Danielle. Le mando un affettuoso saluto e a presto.  Fabrizio Calisse”

  

Danielle Baudot Laksine - @ Editions de Bergier - 04 93 42 41 15 - bergier@wanadoo.fr   

Ouvrages sur les Juifs et les Justes de Saint-Martin-Vesubie: <<La pierre des Juifs>>  www.bergier.fr


 


 

 

 

 

 

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